Il est 22h22.
Encore une fois, mes pensées s'égarent loin de la raison. Comme le vampire et sa soif, ce manque me donne la vie. Le sang bat la mesure de mes ardeurs. Mes idées si noires disparaissent devant ce rayon de vie. Mon souffle prend son envol au choc de ses caresses. Chacune effleure mon être, fait gicler une nouvelle envie de la désirer. Je suis aveugle, c'est là ma chance car je suis le roi de ces fous, le fou de ces rois. Je commande à la foudre des âmes, mais, ironie de mon destin, jamais je ne sors indemne de ces terribles coups que je donne. Certains d'entre eux me frappent si forts que les pages d'un beau livre peuvent se déchirer, que la vitre du paraître se brise pour ne laisser que de tristes cristaux dans le palais du bonheur.
Il est 22h22.
Me voilà plus brûlant que le feu de l'enfer. D'un seul regard daignant glisser à ma surface, voilà que milles brasiers s'allument, qu'aucun des plus purs océans ne pourraient éteindre. Enivré, captivé, j'émets de plus en plus de bruit, frappant ça et là à la poitrine pour sortir de cette prison vitale. J'aimerais tant hurler ma condition, mais je ne peux que me battre à mort, esclave enchaîné au corps de l'homme.
Il est 22h22.


